Une pierre née de la Terre
L’amazonite est un feldspath potassique, une variété de microcline d’un bleu-vert caractéristique. Sa couleur vient de traces de plomb piégées dans le cristal, qui absorbent la lumière et la restituent en teintes glaciaires : du vert pâle au bleu profond, veiné de blanc laiteux. C’est une pierre de roche dure, mais qui semble faite d’eau.
Elle doit son nom au fleuve Amazone : les premiers explorateurs, dit la légende, en auraient trouvé sur ses rives. La géologie n’a jamais confirmé l’histoire, mais le nom lui est resté, et avec lui l’idée d’une pierre née de grandes eaux.
Le sol qui la fait naître
L’amazonite naît dans les pegmatites granitiques, ces poches de magma qui se refroidissent très lentement en profondeur, sur des millions d’années. Ce refroidissement patient laisse aux cristaux le temps de grandir : les feldspaths y atteignent des tailles rares, parfois plusieurs dizaines de centimètres.
On la trouve au contact du quartz fumé, dont les cristaux sombres soulignent son éclat, de l’albite blanche, de la fluorine, parfois de la tourmaline noire. C’est dans ces associations que se révèlent les plus beaux spécimens.
Ses gisements
Les plus belles amazonites gemmes viennent de Russie (les monts Ilmen et Mursinka dans l’Oural, la péninsule de Kola, les rives du lac Baïkal) et du Kazakhstan oriental, au massif de Kent. C’est de là que vient l’amazonite dite « soviétique », prisée pour son bleu profond.
On en trouve aussi aux États-Unis, dans le Colorado (Crystal Peak), ainsi qu’au Brésil, à Madagascar, au Mozambique, en Namibie et en Inde.